PARACULTURE

Les Origines de la Paraculture

Natacha Leroux, trek dans la jungle du Limon au Costa Rica lors de la certification en permaculture tropicale, Centre Punta Mona.

Entre cueillette et culture sauvage

La Paraculture est un terme employé par l'ethnobotaniste Edmond Dounias, en 1996, lors de son étude sur la forêt-culture des ignames sauvages par les Pygmées Baka dans les écotones forêt-savane du Cameroun, en Afrique tropicale. On la retrouve aussi chez les peuples amérindiens, aborigènes et d'autres peuples de la planète, notamment en Asie et en Océanie.

"La paraculture est ainsi définie comme une manipulation sociale de la plante sauvage visant à en favoriser le renouvellement. La finalité n'est point d'en faire une plante cultivée, mais d'en rationaliser la production tout en la maintenant dans son environnement naturel." "Dans une forêt jeune, de 30 à 40 ans, un relevé sur 1 hectare démontre que la paraculture augmente fortement le nombre de pieds d'ignames spontanés comestibles " (ndlr de 112,5 pieds à 409 pieds en paraculture, soit une augmentation de 3,6 fois sa productivité)"."Un suivi sur plusieurs années de la production de cette parcelle a montré également une augmentation substantielle de la taille des tubercules des pieds d'ignames ayant bénéficié de la paraculture."


la paraculture de la racine d'igname chez les Bakas (article d'Edmond Dounias sur la tarrière à igname sauvage )la paraculture de gland de chêne chez les Amérindiens (article "tending the wild" de M. Kat Anderson ; It will live forever de Bev Ortiz)la cueillette de sagou en Amazonie et en Afriquela cueillette de miel au Vietnamphotos internet des Pygmées Baka utilisées à titre pédagogique
photo internet des Pygmées Baka utilisée à titre pédagogique
photo internet des ignames récoltées par les Baka utilisée à titre pédagogique
photo internet de la cueillette de miel au Vietnam utilisée à titre pédagogique

Quelle différence entre la cueillette, la culture et la paraculture de plantes sauvages ?

LA CUEILLETTE

La Cueillette prélève la ressource dans son milieu naturel


La cueillette consiste à prélever la ressource comestible dans le milieu sauvage sans démarche de préservation, de multiplication ou de productivité. La cueillette et la chasse demandent à être réglementées afin d'assurer la pérennité de la ressource comestible (plante, champignons, miel, gibier...) et la dimension de partage collectif est difficile à appréhender.

LA PROTOCULTURE

La Plante sauvage est cultivée et domestiquée près de l'habitation, souvent hors de son écosystème naturel.


La protoculture vise à domestiquer les plantes sauvages comestibles en les cultivant proche de l'habitation, les plantes sont prélevées dans le milieu naturel pour être replantées proches de la maison. A terme, on sélectionne les semences dans le but de domestiquer la variété, de s'approprier la semence. In fine, la plante se retrouve domestiquée en dehors de son milieu naturel. Cette culture est plutôt anthropocentrée : la plante s'adapte au milieu plus ou moins artificiel de l'homme. C'est la forme la plus commune de culture de plantes sauvages comestibles dans le monde.

LA PARACULTURE

La Paraculture est une cueillette qui préserve et multiplie la plante dans son milieu naturel, sans domestication.


La paraculture, encore appelée culture-cueillette ou cueillette régénérative, propose de multiplier les plantes directement là où elles poussent. Elle repose sur des connaissances naturalistes profondes des plantes consommées. Cette culture est écocentrée : l'homme cultive dans le milieu naturel de la plante, selon les conditions physiologiques et écologiques de la plante. La plante reste sauvage. Les peuples de cueilleurs-cultivateurs pratiquent ou ont pratiqué cette méthode de cueillette régénérative à travers le monde, de manière nomade ou sédentaire.











Paraculture de Ronces à Permaforêt

De la Paraculture en pays tempéré

La Paraculture est une culture cueillette régénérative en milieu sauvage. Les essences comestibles sont cueillies de manière à préserver la plante dans son écosystème naturel. Elle s'applique aussi bien aux plantes, aux champignons, au miel, aux insectes, aux bactéries, aux ferments ou à toute autre organisme sauvage vivrier ou usuel. Cette culture alternative pratiquée par les peuples des forêts préserve les ressources naturelles dans leur milieu tout en favorisant leur régénération spontanée, leur productivité et leur abondance, sans chercher à domestiquer les espèces ou les semences.

Quelle pourrait être la pratique de la Paraculture dans les forêts tempérées ?

En France, il existe + 6000 plantes comestibles, aux qualités nutritionnelles exceptionnelles. 98% des plantes qui nous entourent sont comestibles, médicinales ou usuelles.

Dans la forêt jardin, nous avons identifié plus de 275 essences sauvages comestibles valorisables en paraculture : 34 variétés de fruits et baies sauvages, 116 légumes sauvages, 10 feuilles d'arbres comestibles, 61 aromates et condiments sauvages, 32 fleurs comestibles, 47 champignons et lichens gourmets et médicinaux, 23 graines et céréales sauvages, 6 édulcorants, du miel sauvage, des insectes comestibles, des plantes pour la vannerie ... Nous actualisons chaque année au fur et à mesure des trouvailles et usages. + Découvrez les ressources sauvages comestibles à Permaforêt


Cette agriculture vivrière diffère de l'agriculture de rente, importée par la colonisation. Aujourd'hui, la cueillette disparaît au rythme de la déforestation et de l’industrialisation du Monde...

La Nature est un héritage commun, à nous d'en prendre soin. En agissant à la revalorisation des forêts de nos pays, l'écho des forêts du monde sera plus facile à entendre.

275 essences comestibles dans la forêt d'Uchon

préparation autour de l'Aubépine : feuilles pour les salades et les soupes, baies pour les cookies et rameaux pour les tisanes. cueillette de pissenlit, ortie, plantain lancéolé, lunaire, aubépine, noix
cuisine des glands de Chêne, un arbre à pain valorisé par les Celtes et les Gaulois, avant l'importation du Châtaignier par les Romains.