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PARACULTURE

Un centre de Paraculture
Recherche, Expérimentation et Formation

<< Toutes les plantes que nous consommons sont à l'origine
des plantes sauvages. >>


Régénérons la biodiversité des biotopes comestibles


Plantes sauvages et plantes domestiquées partagent des caractéristiques socio-écologiques similaires qu'il nous convient de redécouvrir et de réintégrer dans les systèmes cultivés, ou semi-cultivés. Régénérer la biodiversité des espèces cultivées, fidèlement à leur biotope naturel, c'est le domaine de recherche expérimentale à Permaforêt. 


Pour une agriculture éthique

Le projet est l'intégration d'une forêt jardin dans une fruticée sauvage de 4 hectares. Le principe est de favoriser la multiplication des plantes sauvages comestibles déjà présentes sur le terrain et de réintégrer des espèces cultivées dans leur milieu naturel. L'intention est d'encourager l'implantation spontanée des plantes et des champignons comestibles, en optimisant les conditions naturelles du site, la biodiversité et les synergies flore faune fonge bactéries.

pour une apiculture éthique
J'étudie aussi la biodiversité du biotope des abeilles sauvages en forêt, la phénologie des récoltes, le processus d'essaimage et les ruches sauvages.

pour une aviculture éthique
J'étudie aussi la biodiversité du biotope des poules sauvages en forêt, l'éthologie des poules domestiques en forêt, la phénologie des récoltes, le processus de sociabilisation, le design biomimétique du nid et les stratégies de camouflage dans l'environnement.



<< La Paraculture réconcilie Biodiversité Naturalité et Humanité >>

Inventons de nouvelles pratiques

<< la paraculture se démarque de la « protoculture » qui, par des procédures de déplacement de la plante vers l’espace domestique, prétend à terme aboutir à une domestication totale de l’espèce. Loin de correspondre à une étape transitoire le long d’un hypothétique processus linéaire de domestication, la paraculture —qui repose sur un important savoir naturaliste— combine un acte technique et des règles sociales de contrôle sur une ressource spontanée, exploitée en milieu naturel.>> Edmond Dounias , Les tarrières d'ignames sauvages chez les pygmées Baka et Aka.

la protoculture
La protoculture est la culture de plantes sauvages en milieu domestique. La plante est déplacée et semée proche de l'habitation humaine ou du champ cultivé, dans le but d'être domestiquée pour sa rentabilité et sa productivité. Les plantes sauvages sont cultivées dans un écosystème anthropisé.

la paraculture
La paraculture est la culture-cueillette régénérative de plantes sauvages comestibles, dont la manipulation sociale vise à en rentabiliser la production et la disponibilité directement dans son milieu d'origine, sans chercher à domestiquer la plante. Les plantes sauvages sont cultivées dans un écosystème naturel et spontané.

l'épiculture ?
l'épiculture se propose d'être une expérience de réintroduction d'espèces domestiquées par l'agriculture dans un écosystème régénéré, composé de la biodiversité de leur milieu sauvage de référence, pour leur permettre d'exprimer d'anciens ou de nouveaux épigénomes, et réconcilier sauvage et cultivé en un seul concept: cultiver le vivant, sans domestiquer. Les variétés domestiquées sont cultivées dans un écosystème sauvage, paracultivé ou régénéré pour y être naturalisées et ensauvagées.


Inventons un nouveau design

La pratique de la paraculture en forêt jardin demande d'inventer des nouveaux outils de conception, de design et d'aménagement de l'espace cultivé. Jusqu'à aujourd'hui, tous les modèles agricoles reposent sur une place centrale de l'homme, l'homme cherche à modeler une nature à son image. Le design écocentré remet les plantes et les animaux au coeur du design. Les activités humaines découlent des potentiels écologiques du terrain. C'est une manière d'allier l'écologie naturaliste à l'agriculture. Cette démarche est tout à fait innovante, y compris dans le domaine de la permaculture. 

En permaculture, le zoning d'activité reste centré sur le lieu d'habitation de la famille, les cultures sont réparties dans l'espace selon des critères anthropomorphiques et un ratio effort/maintenance/productivité des ressources. En paraculture, la plante est cultivée directement dans son milieu d'origine, considérant que l'homme est mobile et les plantes non; et donc que si une plante pousse spécifiquement à un endroit, c'est qu'elle y trouve les ressources de qualité nécessaire pour s'y développer, croître et abonder, et donc c'est ici qu'on a le pus de chance d'optimiser sa production et de pérenniser la plante comestible. Les critères de plantation sont basés sur une connaissance naturaliste et dépendent de la physiologie de la plante, de son comportement sauvage et des conditions naturelles d'un milieu.

Ce qui réunit les deux domaines, c'est la vision holistique d'un écosystème. Pour innover en permaculture, il s'agit donc d'intégrer au design cette vision écocentrée dans le zoning d'activités et dans les choix de variétés cultivées par rapport à la biodiversité spontanée d'un terrain. Le lecture du paysage, la compréhension des écosystèmes et les plantes bio-indicatrices deviennent des outils de base pour concevoir des écosystèmes paracultivés. Et lorsque l'on fusionne respect des écosystèmes et respect de l'humain, alors on arrive à une vraie synergie de milieu où chaque geste est démultiplié par l'énergie créatrice de la nature.

En paraculture, les zoning d'activités et d’implantation se calquent donc sur des îlots de végétation existants, la saisonnalité locale et la dynamique spontanée des processus naturels. L'aménagement n'est pas figé dans le temps, il accompagne des processus naturels, en intégrant l'homme à cet écosystème. L'ingénierie du design consiste à trouver des activités, des pratiques et des rendements en harmonie avec les potentiels écologiques du site pour que l'action de l'homme soit bénéfique. Les perspectives de production sont envisagées à court, moyen et long terme selon la biodiversité potentielle du site. En optimisant les potentiels naturels d'un site, on facilite aussi le travail. Et les résultats sont là : tout se fait beaucoup plus facilement lorsque l’on va dans le sens de la nature.  L'homme devient une énergie créatrice plutôt qu'une pression anthropique. 


Inventons de nouveaux outils

La pratique de la paraculture en forêt jardin demande d'inventer des nouveaux outils de culture et de récolte qui respectent la préservation de la plante. Le design ergonomique de l'outil écocentré permet à la fois une aisance de manipulation de l'outil par l'homme (préhension, qualité de manipulation et sécurité physiologique) et un respect de la physiologie de la plante (préservation de la plante, limitation des facteurs stress, pérennité) : c'est l'outil qui s'adapte à la plante, pas la plante qui s'adapte à l'outil.


Élargissons les horizons

L'observation naturaliste est la base de notre travail pour recomposer des biotopes comestibles naturels. Pour aller plus loin, on approfondit les recherches en s'inspirant de la phytosociologie, la phénologie, la neurobiologie végétale et fongique, de l'épigéntique, appliquées aux principes de la permaculture

La modulation des épigénomes dépendent de 5 facteurs comportementaux :
_ l'accès à une qualité nutritionnelle
_ la dynamique physiologique de l'organisme
_ la gestion des facteurs stress
_ le plaisir et le bien-être
_ un réseau d’interactions sociales développé dans un milieu positif.

La modulation des épigénomes pourraient s'exprimer en quelques semaines seulement grâce à une adaptation de notre comportement et de notre environnement.  Des réponses épigénétiques durables s'inscriraient dès la première génération et on estime que 3 générations seraient nécessaire à la pleine expression des épigénomes, soit 3 ans pour une plante annuelle, 6 ans pour des plantes bi-annuelles, 12 à 21 ans pour les arbres fruitiers...

Cette approche comportementale et sociale de la plante et de l'humain dans leur milieu naturel ouvre d'autres voies en terme d'agriculture. 

Quels sont les rôles écologiques de l'homme dans un écosystème naturel ? Peut-on cultiver sans domestiquer ? Peut-on régénérer des facultés sauvages chez les plantes cultivées ? Peut-on créer l'abondance sur Terre avec des écosystèmes comestibles respectueux de la biodiversité ? Comment réintégrer l'humain comme membre de l'écosystème?

Imaginez l'abondance dans laquelle on vivrait aujourd'hui si l'homme avait semé toutes les graines qu'il avait mangé et s'il avait respecté la forêt, les montagnes, les eaux, les sols et l'air ?

La Paraculture est une proposition qui réconcilie biodiversité, naturalité et humanité. Grâce au modèle de forêt jardin paracultivée, l'humain peut avoir une action bénéfique dans un habitat naturelL'agriculture peut créer des conditions favorables pour le bien-être des plantes et des animaux. On peut régénérer la biodiversité des biotopes comestibles. On peut accompagner des processus naturels.  On peut faire vivre et encourager les interrelations entre les organismes qui partagent un même milieu. L'Humain peut retrouver sa place dans la Nature et y vivre en harmonie.

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