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RUCHER

Rucher conservatoire du Morvan
Observatoire des abeilles sauvages.
PROJET MYCORUCHE




Une autre apiculture est possible.

Régénérer la biodiversité des biotopes sauvages des abeilles fait partie des urgences écologiques pour leur protection. (essaim sauvage sur une branche de prunellier).

Permaforêt étudie le biotope sauvage des abeilles noires depuis 2013. Nous récoltons des observations sur les ruches sauvages en forêt. Nous observons la phénologie végétale, fongique et animale de leur milieu de vie. 

Le coeur de l'étude concerne la phénologie des récoltes, le cycle de l'essaimage, le processus de décision de la nouvelle ruche, l'architecture de cette ruche et le choix des critères des abeilles pour les ressources à disposition dans le milieu. 

La sénescence d'un arbre en forêt me passionne pour sa biodiversité et la connectivité des organismes dans leur succession écologique. Les abeilles apis mellifera seraient parmi les dernières habitantes d'un tronc creux sur pied, et dépendraient de l'ouvrage des anciens habitants, notamment des larves, des fourmis, des champignons lignicoles, des oiseaux et des chauve-souris. La relation xylophytes- xylophages - champignons -hyménoptères est un axe privilégié dans la recherche.

L'expérimentation porte sur un nouveau prototype de ruche : la mycoruche.
Avec ces informations, nous créons des designs apicentrés
  • pour le choix de l'emplacement optimal d'un rucher
  • pour l'aménagement de l'environnement du Rucher 
  • pour le design de la ruche en elle-même. 
  • pour le rôle écologique des abeilles dans la forêt-jardin, les abeilles sont valorisées pour leur rôle écologique : la pollinisation.
  • pour le cycle de vie d'un arbre en forêt.

A partir du moment où le milieu réunit des conditions favorables et propose des ruches d'accueil potentielles, les abeilles ont des chances de se réimplanter in situ. 

La Mycoruche

Notre projet d'étude est un prototype de ruche avec des champignons, la Mycoruche

D'après nos observations de terrain d'une ruche sauvage, les abeilles pourraient cultiver des souches de champignons pour des raisons architecturale, sanitaire et immunitaire. La partie basse de la ruche pourrait servir de mycocompost et une partie frontale pour la production d'enzymes fongiques. 

D'après les recherches de Paul Stamets, les abeilles récoltent des enzymes fongiques pour activer les 36 gènes immunitaires des abeilles avant l'hiver. 

D'après nos observations de terrain, les abeilles pourraient cultiver elles-mêmes le mycélium à l'intérieur de la ruche, notamment grâce à la cohabitation avec les fourmis, ou une primo habitation par les fourmis charpentières, les larves xylophages, les oiseaux. Elles choisiraient de provoquer cette production d'enzymes fongiques en exposant le mycélium aux UVs et en le ventilant, 12h, 48h et 60h avant l'essaimage. Dans la ruche, elles inhiberaient la production de carpophores et contrôleraient l'expansion du mycélium en l'embaumant de propolis.

La gestion de l'hygrométrie, de la température et de la ventilation dans la ruche semble assez complexe. Les galeries des fourmis charpentières dans l'aubier participent à cet écosystème de la ruche tronc. D'autres observations sont en cours pour la possible gestion- production-purification de l'eau et de chaleur intra-ruche.



Le mutualisme hyménoptères sociaux-champignons semblent être présents chez différentes espèces. 

La formation de carton fongique par les fourmis charpentières est riche d'enseignement dans la relation fourmis-champignons. D'après des études scientifiques publiées, les fourmis charpentières cultivent des souches de champignons, que les reines se transmettent de génération en génération. Elles cultivent des mycélium de diamètre, de résistance et de texture différentes pour des raisons architecturales complexes dans la fourmilière, pour des raisons immunitaires pour le couvain. Certaines fourmis terrestres récoltent mêmes des chenilles inoculées de champignons.

Les frelons européens choisissent des troncs creux avec des amadouviers par exemple, forment un papier avec de la cellulose mycodigérée par des champignons saprophytes et collectent des ferments fongiques en automne.

Les bourdons terrestres creusent de petits trous dans le sol pour casser des hyphes de mycélium.

Des abeilles charpentières choisissent aussi de pondre dans les interstices des roches des maisons, dans les bûches de bois et dans les carpophores de ganoderma, fomitopsis, phellinus. Elles creusent leurs galeries préférentiellement dans les grands carpophores ligneux plutôt que dans les bûches de bois si l'occasion se présente.


Pour apis mellifera, la question est de savoir si ces souches de champignons sont récoltées par les abeilles, comme d'autres hyménoptères, ou si les abeilles entretiennent des souches déjà présentes dans le tronc creux qu'elles choisissent, notamment grâce au mutualisme avec les fourmis et aux larves xylophytes-phages.

L'étude ouvre des perspectives nouvelles pour comprendre le milieu naturel des abeilles. Et aide à réfléchir à une gestion différente des forêts, des bordures et des haies. Ce qui amène à d'autres protocoles de gestion des forêts et d'urbanisme, des zones agricoles, des jardins, des terrains vagues et des routes. La préservation des variétés des haies et des bordures, pérenniser les vieux arbres de plus de 80 ans et laisser les bois morts sur pied (chandelle), la diversité fongiques des saprophytes ligneux (qui décomposent le duramen) sont une nécessité vitale pour les abeilles et la forêt. Elles permettent d'offrir le gîte et le couvert à une diversité de populations d'organismes vivants de la forêt.

Laisser les bois morts, limiter les fauches des bordures et des haies, bannir la mobilité forcée des ruches dans les cultures qui désoriente les abeilles et désorganise l'essaim, jusque dans la réponse génétique des types d'abeilles élevées dans le couvain (provoque une réaction épigénétique des abeilles à l'environnement: inhibe ou stimule la naissance de pollinisatrices, de cireuses ou de couveuses, etc...)

L'essaimage


Nous accordons un intérêt particulier au processus social des abeilles dans leur milieu. Et souhaitons réintégrer l'essaimage dans le cycle de vie d'un rucher. 

Permettre le cycle de l'essaimage de se dérouler naturellement préserve la passation entre générations de reines, assure la biodiversité génétique d'un essaim avec la fécondation de la nouvelle reine par différentes colonies de bourdons. préserve le processus social de repérage-négociation-décision de la ruche par les exploratrices, assure la diversité des rôles des ouvrières comme les cireuses, les nourrices,  les exploratrices, la production de mâles ou de reines. 

La ruche accueille des colonies de mâles différentes et des visites extérieures, l'essentiel de la fécondation se ferait en vol les jours suivant s l'essaimage. Un essaim accueille potentiellement jusqu'à 15 soeureries toutes issues de fécondation de colonie de bourdons mâles différentes, ce qui permettraient des spécificités génétiques différentes et des aptitudes comportementales spécialisées. (+ infos par l'étude scientifique au conservatoire des ruchers troncs en Ardèche - intervention radio france inter) .

L'ancienne reine essaime chaque année, pour laisser place à une autre reine. L'essaimage est une période fondatrice pour la vie des abeilles : elles préparent la ruche, repèrent les ressources alimentaires, l'eau, elle développe leur système de communication pour échanger ces informations. La préparation des ruches (nettoyage, entretien, agrandissement, construction, restauration) font partie de la vie d'une ruche. 

Les nourrices vont élevées des cireuses, des exploratrices, des pollinisatrices, des soldates, des nourrices, des mâles, des reines selon les besoins environnementaux de la ruche et le cycle de vie de l'essaim. Ces rôles écologiques sont inscrits physiologiquement dans l'abeille : ce sont les stimulis épigénétiques en réponse à la nutrition, l'environnement, le stress, l'activité, l'âge qui induisent la transformation de l'abeille et son comportement.

Ces activités sont fondatrices pour une colonie et son bien-être dans un milieu.


Design apicole - Projet Mycoruche


_ étude de la biodiversité du biotope des abeilles sauvages en forêt.
_ observation de la phénologie végétale, animale, fongique et lichénique du biotope forestier des abeilles noires.
_ observation de l'architecture de ruches sauvages et de la vie des essaims sauvages en forêt.
observation de l'essaimage et du processus de repérage/décision des ressources naturelles favorables à l'implantation d'une ruche.
_ observation du lien entre hyménoptères et champignons
_ création d'une ruche apicentrée
prototype mycoruche
_ aménagement d'un rucher écosystémique.
















Participez à la collecte d'informations sur les ruches sauvages pour sauver les abeilles. 
Partagez vos observations et envoyez vos photos et vidéos à Natacha.
Apiculteur, cueilleur d'essaim, ouvrier sylvicole, scientifique, merci de me contacter pour collaborer sur ce projet.







ruche sauvage dans un tronc de merisier - Côte d'Or.



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